Le trésor de Fatima

Homélie prêchée le 30 juillet 2017, pour le 17ème dimanche du Temps Ordinaire, en l'église Saint Jean-Baptiste-le Voeu de Nice


Frères et sœurs,

Vous ne savez pas à quoi vous avez échappé. La semaine dernière, dans notre église du Vieux-Nice, j’ai proposé à nos paroissiens un élément qui marqué des générations d’écoliers : des devoirs de vacances ! Vous savez, ces délicieux livrets que nos parents nous achetaient, que nous commencions dans l’euphorie des premiers jours et que nous ne finissions jamais !
Aujourd’hui, au Vœu, comme c’est la première fois que je viens célébrer un dimanche et que je ne veux pas être lynché tout de suite, pas question de vous donner des devoirs de vacances. Mais peut-être pouvons-nous nous rappeler une réalité sans laquelle un été ne serait pas un été. Que serait un été sans une bonne lecture que nous pourrons ressortir lors des dîners mondains de septembre ou d’octobre ? Ce roman, cet essai, qui donnera à ces semaines, que nous prenions des vacances ou non, une coloration particulière.
C’est que nous aimons les histoires, frères et sœurs. Et Jésus le sait bien puisqu’il nous parle en paraboles. Nous aimons les histoires parce que chacun de nous a une histoire. Une histoire qui rencontre celle de Dieu. Et aujourd’hui, mieux qu’un roman, mieux qu’un essai, nos textes regorgent d’histoires.

Une histoire de cœur.
C’est celle du roi Salomon, dans notre première lecture. Nous l’avons entendu ensemble : par deux fois le mot cœur y apparaît. Et ce cœur a trois qualités : il doit être attentif, intelligent et sage. Et si nous demandions cela au Seigneur au cœur de cette eucharistie ? Un cœur attentif, intelligent et sage…

Une histoire de gloire.
Cette fois, c’est l’histoire des justes. Ils sont destinés à être configurés à l’image du Fils. Cela pourrait presque être un devoir de vacances –en fait non, il s’agit d’un devoir de chrétien– : essayer de ressembler toujours plus au Christ. À nous d’aimer les volontés du Père plus que l’or le plus précieux. C’est ce que nous avons chanté dans le psaume.

Une histoire de trésor.
Et cette histoire que nous rapporte notre évangile se décline selon trois paraboles que nous connaissons bien : celle du trésor caché dans un champ, celle de la perle de grande valeur qui surpasse toutes les autres et celle du filet… avec son terrible final des pleurs et des grincements de dents. On ne pourra pas dire que Jésus ne nous a pas avertis. Cette histoire de trésor nous met face à nos choix. Qu’est-ce qui a vraiment de la valeur pour moi ?

Une histoire de cœur. Une histoire de gloire. Une histoire de trésor.
Que d’histoires !
Nous pourrions avoir la tentation de les laisser reposer dans nos bibles et les ressortir de temps en temps, pour une messe de dimanche par exemple.

Mais en fait, que nous le voulions ou non, ces histoires viennent à notre rencontre au fil de l’Histoire.


Ne me dites pas que vous n’y avez pas pensé en entendant ces textes.

Un champ. Une perle de grand prix. L’évocation du jugement et du royaume des Cieux. Le cœur. La gloire…
Mais c’est… Fatima !

Le champ, c’est la lande de la Cova da Iria où Notre-Dame apparaît il y a juste cent ans.
La perle de grand prix, c’est Marie, pleine de grâce, bénie entre toutes les femmes.
Le jugement, c’est la promesse du ciel et le rappel de l’existence de l’enfer. Il suffit de choisir le Bon Dieu.
Le Royaume des Cieux, c’est ce que promet la Vierge Marie aux enfants.
Le cœur, c’est celui de Marie : « Mon Cœur Immaculé sera ton refuge et le chemin qui te conduira à Dieu. »
La gloire, c’est celle des élus. Celle des petits François et Jacinthe canonisés par le Saint-Père en cette année du Centenaire.


Quelle histoire !
Une histoire d’il y a cent ans qui résonne comme un écho de nos textes de ce dimanche.

Une histoire d’il y a deux mille ans. Une histoire d’il y a cent ans.
Il ne tient qu’à toi, qu’à moi, pour qu’elle ne devienne ton histoire, mon histoire.
Amen.

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French