Être du ciel

Homélie prêchée pour la Solennité de l'Ascension, en l’Église Saint-François de Paule à Nice, le 25 mai 2017


Avez-vous remarqué, frères et sœurs, avez-vous remarqué, du moins si vous étiez dans cette église pour la messe d’hier, que nous venons d’entendre exactement le même évangile ?

C’est la pédagogie divine : elle passe forcément par la répétition.
C’est la pédagogie divine : elle va forcément nous déranger un peu (ne dites pas que je ne vous ai pas avertis !).
C’est la pédagogie divine : elle peut être forcément lue à travers différents spectres.

J’en retiendrai trois… et m’attarderai sur le dernier.


Le premier, hier : nous avons fêté la translation de Notre Père Saint-Dominique. Entendons le transfert de son corps de la tombe sommaire dans laquelle il avait été enseveli –à sa demande puisqu’il avait voulu être enterré sous les pieds de ses frères– au splendide tombeau qu’il viendra reprocher lui-même à ces mêmes frères.
L’évangile convenait tout à fait à cette mémoire : il s’agit d’un envoi en mission, accompagné par le Christ. L’idéal de tout prêcheur !

Le deuxième, aujourd’hui : nous fêtons l’Ascension. Les textes que nous venons d’entendre ou de chanter ont été pensés pour cette célébration. On ne compte plus les références au ciel ou aux cieux, aux hauteurs et autres montagnes. Par la force des choses, il va falloir s’élever, ne pas rester au ras des pâquerettes à regarder le ciel, en vain.
Nous connaissons bien cette fête. Elle est aimée par tous, chrétiens ou non, puisqu’elle nous offre un long week-end… mais l’aimons nous pour le ciel qui nous est ouvert ?

Le troisième enfin : toute cette année 2017. Nous fêtons un centenaire, celui des apparitions de Fatima. Il serait dommage de ne pas les évoquer, d’autant que les textes d’aujourd’hui nous en parlent, directement ou indirectement.


Ils nous parlent du ciel
C’est le fil rouge des textes que nous venons d’entendre ensemble. C’est le fil rouge des apparitions de 1917 au Portugal. Lors de la première apparition, le 13 mai 1917, la première question des petits bergers à la belle dame qui les invite à s’approcher est destinée à savoir d’où elle vient. « Je suis du ciel. » leur répond-elle. Pas « je viens » ou « j’arrive » du ciel… mais « je suis du ciel ».
Nous avons à être du ciel. Les pieds sur terre… et la tête déjà au ciel. Être dans ce monde et non de ce monde. Frères et sœurs, nous sommes du ciel.
Deux mois plus tard, le 13 juillet, Marie va leur montrer l’enfer. Eh oui, l’enfer existe. Si l’on vous dit le contraire, on vous ment. Si nous pensons le contraire, nous nous trompons et nous faisons de Jésus un menteur puisqu’il en parle très clairement. Si Marie montre l’enfer aux enfants de Fatima, ce n’est pas pour leur faire peur ou bien les soumettre à un chantage peu reluisant. Si elle leur montre l’enfer, c’est pour qu’ils choisissent le ciel, le bon Dieu et personne d’autre. Nous en sommes tous là. Et si nous pensions un peu plus que nous sommes du ciel ?

Les textes nous parlent du ciel. Ils nous parlent également de l’Église, corps du Christ dont nous sommes les membres. Cette Église qui témoigne jusqu’aux extrémités de la terre –c’est la 1ère lecture !–, cette Église dont le Christ est la tête –c’est la 2ème lecture–, cette Église –et c’est l’évangile, cette fois– qui s’élance sur les chemins, qui baptise au nom du Père, et du Fils, et du Saint-Esprit, qui enseigne même si le monde n’en veut résolument pas. Notre monde croit que face à l’horreur obscurantiste il suffit d’allumer des bougies et d’apporter des fleurs. Grossière erreur. C’est notre manque de foi qui sera notre effondrement.

Ces textes nous parlent du ciel, ils nous parlent de l’Église et ils nous parlent… à l’impératif ! Mon Dieu, quelle horreur ! Nous détestons les ordres, même s’ils nous viennent de Jésus. Nous les avons entendus pourtant dans l’évangile : « allez ! », « baptisez-les », « apprenez-leur » ! À Fatima, la Vierge Marie utilise le même mode : « approchez-vous », « faites pénitence », « priez le chapelet tous les jours » (oui, vous avez bien entendu, tous les jours !). Le Verbe se fait chair pour nous sauver de la mort. Marie s’adresse à des enfants, que ce soit à la Salette, à Lourdes, à Fatima ou ailleurs et nous n’écouterions pas ? Avons-nous le cœur si dur ? Je le crains parfois.


Si nous n’écoutons pas, nous passerons à côté du message.
Le message, c’est Jésus, Dieu qui nous sauve.
Lui, le Roi des rois et Seigneur des seigneurs, monte aujourd’hui au plus haut des cieux.

Le croyons-nous ? Le vivons-nous ?
C’est une question de vie ou de mort !
Amen.

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