La Joie de retrouver ce qui était perdu

Homélie prêchée lors du Pèlerinage du Rosaire, le vendredi 8 octobre 2015, à la messe des Commissaires et des Hôtesses.

Deux mystères ! Les relations parents–enfants ne sont pas toujours simples, c’est une évidence. Mais aujourd’hui, on atteint des sommets avec ces deux fils uniques : Isaac et Jésus. Nous venons d’entendre leurs aventures : d’un côté, Abraham vit l’obéissance au Seigneur avec un absolu qui peut nous paraître admirable ou … absurde. D’un autre côté, Marie, Joseph vivent l’obéissance au Seigneur de façon déconcertante en recherchant leur enfant. Abraham allait offrir son fils Isaac à la demande du Seigneur ; Marie et Joseph venaient retrouver Jésus ; ils n’avaient pas marché avec Jésus, ils n’y avaient pas même prêté attention au départ de Jérusalem !
Les deux situations ne peuvent que surprendre. Mais les deux aventures montrent la joie comme récompense : celle de l’obéissance au Seigneur, pour Abraham, récompense de la confiance en Dieu mise en œuvre ; et récompense d’une recherche persévérante, enfiévrée, celle de parents face à Jésus égaré.
Mais la joie est là quand Dieu pourvoit à ce qui manquait dans ces moments éprouvants par lesquels Abraham, Marie, Joseph sont passés. La joie est au rendez-vous : il ne peut en être autrement. Il y a eu si longtemps de l’angoisse, une période nocturne, et où seul Dieu pouvait s’y retrouver. Oui, si longtemps ! Aussi, lorsque le Seigneur apaise ces tensions, la joie ne peut que bondir.

Ces épreuves dans la suite du Seigneur sont pour nous : les promesses que vous faites, vos engagements de Commissaire ou d’Hôtesse, ou autres, ont aussi leur lot d’épreuve, plus modestes, mais réels - car ce n’est pas rien que de faire don de soi pour que ce Pèlerinage soit une grâce pour tous !
Mais ces épreuves ont aussi d’autres noms : nos quotidiens sont parfois comme lacérées par elles ; quant à la santé de nos proches, quant à notre vie familiale, notre profession, les soucis sociaux qui nous paraissent parfois insurmontables et pourtant bien présents, notre vie qui vacille, notre foi qui peine à éclairer nos chemins, les colères que l’on porte, les désespoirs qui nous ravinent. Que d’épreuves !
Chercher Jésus en se tournant vers sa Demeure, son Temple, rejoindre là la foi d’Abraham, sur la même montagne, comme nous dit la Tradition, voilà ce à quoi nous convie aussi le pèlerinage. Si la joie est au rendez-vous de notre pèlerinage, c’est parce que nous aurons été secoués, et que Dieu aura été le plus fort. Parce que nous l’aurons ressenti comme tel, constaté comme tel, en notre vie, dans la vie de nos proches, ou d’autres pèlerins, ici, sous nos yeux, à côté de nous.

Cette joie viendra couronner non pas seulement une conversion, non pas seulement la démarche d’un fils prodigue, mais notre foi, la foi d’Abraham, celle de Marie, celle de Joseph. Une réalité admirable à demander au Seigneur, afin que nous atteignions Jésus, afin que nous accueillions le Seigneur.
Il ne suffit pas toujours de se retourner tout d’un coup à l’appel de notre nom pour que nous soyons en Dieu. Il est vital en revanche de décider grâce à Dieu de le rechercher sans cesse, même dans l’épreuve. Alors une joyeuse espérance saura peu à peu se faire une place en nous, comme une réalité que l’on n’arrachera jamais plus sans doute, comme une source intarissable, la joie venue d’avoir retrouvé ce Seigneur parfois caché, la source de notre vie.
La joie intense est pour vous. Sachez la chercher avec Notre-Dame, en ces jours de Pèlerinage. La patience, la persévérance ne sont-elles pas nécessaires pour que Dieu forge notre espérance ? Alors les circonstances sont ici nos maîtres spirituels, pou que Dieu nous hisse au sommet de nous-mêmes. Et cela prend souvent du temps ; ne sommes-nous pas lourds ? Il va falloir que le Seigneur nous assouplisse.
C’est alors une grâce d’accompagner par des engagements concrets la promesse. Formulons-les, mesurons-les comme tels. Ils permettront que la joie fasse sa demeure en nous et pour toujours !

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