Appelés à transmettre la joie

Homélie prêchée lors du Pèlerinage du Rosaire, le jeudi 7 octobre 2015, à la messe des Commissaires et des Hôtesses.

Et voilà ! Elle arrive, elle entre, elle salue, et... elle n’a pas le temps d’en placer une ; elle arrive de loin. Galilée, Judée, cela ne se fait pas en un jour. Les voyages longs et difficiles : pèlerine ; pèlerine un jour, pèlerine… toujours ! On peut se représenter cela. Même tôt le matin, au réveil, ou alors que cette nuit a été un peu courte, le pèlerin, a dans ses jambes, le poids de la charité. Et ce n’est pas rien.
Et voilà ! Marie sans rien dire encore nous a déjà montré comment transmettre la joie ! Elle n’a pas mis de côté la fatigue : elle n’en a pas eu le temps. Elle n’a pas mis de côté son identité de porteuse du Seigneur : c’est à cause de cela au contraire qu’elle est là : Jésus, encore muet en ses entrailles, l’a pourtant prise avec elle.

Mais justement c’est là qu’est la leçon, la grande leçon : les pas de Marie ont annoncé Jésus. Trop fort ? Inimitable ? Seulement enviable ? Parfois désirable ? Je ne sais quel adjectif, nous pourrions trouver.
Ce qui est sûr, c’est qu’aujourd’hui la visitation est aussi pour nous ! Et non pas seulement pour que nous y pensions, ni pour que nous regardions ce moment joyeux. Le Seigneur nous rend visite, en nous adressant Marie, sa Mère !

Dans un tel moment, nous pensons peut-être ressembler à Élisabeth, accueillant sa parente Marie, avec quelle joie, tressaillant, car son enfant bondit en son ventre ! Ce futur Jean le Précurseur qui prophétise l’entrée de Jésus dans la maison. Mais nous ne ressemblerons pas à Élisabeth.
Nous allons ressembler à Marie. Nous allons l’imiter. Elle n’a encore rien dit, ce n’est pas en cela que nous lui ressemblons le plus : le silence n’est pas toujours notre fort ! Marie nous apprendre plutôt à transmettre la joie.

Alors comment s’y prend-elle ? D’abord, elle a écouté le Seigneur à Nazareth ; et elle lui a promis de faire sa volonté. Comment ne pas y penser ce matin : cette première étape du pèlerin, chacun la vit, veut la vivre. Demandons seulement au Seigneur de caler ce désir au fond de notre cœur, chaque jour.
Et passons à la deuxième étape : aller aider. Notez que Marie ne fait la morale à personne : elle y va ; elle y va et c’est tout. Elle ne regarde pas si à Nazareth, d’autres vont bouger ; elle ne se renseigne pas pour voir si dans la famille de Zacharie et Élisabeth quelqu’un pourrait aussi aider, elle ne compare pas, elle y va, c’est tout. Marie, simple, c’est comme cela qu’on l’aime, c’est pour cela qu’on l’imite. Et puis, elle va jusque là où elle a choisi d’aller grâce à Dieu.
Troisième étape : c’est peut-être là que Marie a le plus à nous montrer. Aller jusqu’au bout. Écouter Dieu ; vouloir faire ce qu’il me dit, aider mon prochain, et l’aider vraiment ! L’aider moi-même. C’est cela qui est le plus fort. Non pas rester trois mois chez quelqu’un que nous allons aider, car il faudra peut-être lui demander son avis ou celui de ses proches ; trois mois, on risquerait souvent de se faire jeter ! Non, il ne s’agit pas, vous le sentez bien, d’une durée précise, mais d’aller au bout de son engagement, en portant Jésus à ceux que nous aidons. Et les gens sentent bien cela : qu’on ne se raconte pas d’histoires !

Combien de fois ai-je entendu le reproche fait à l’Église qu’elle n’est pas toujours très concrète ! Aujourd’hui, vous êtes donc écoutés et servis. La joie de transmettre n’est plus un mystère, mais une leçon.
A vous, ou plutôt, à nous de jouer. La joie de transmettre, éprouvons-la; choisissons-la ! Et pratiquons-la dès ce matin, si ce n’avait été déjà le cas avant. Et en retour, vous en serez transformés. Notre foi ne s’use que si nous ne la transmettons pas.

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