C’est Dieu qui annonce que nous sommes faits pour la joie

Homélie prêchée lors du Pèlerinage du Rosaire, le mercredi 6 octobre 2015, à la messe des Commissaires et des Hôtesses.


Savoir parler d'un ami est une grâce : qui ne le sait ? Dieu va ainsi nous parler de nous, ses amis. Il va nous dire que sommes faits pour la joie. Pour nous le dire, il va nous rappeler comment il fit avec Marie ; car c’est ainsi qu’il fera avec nous. Vous êtes invités à suivre les pas de Marie, Notre-Dame de Joie ; celle à qui Dieu annonce qu’elle est faite pour la joie.
Nous contemplerons le cœur de Marie, Notre-Dame de Nazareth, de Aïn-Karim, de Bethléem et de Jérusalem. Car en venant à Lourdes, on la retrouve en ses divers visages, ses différents lieux. Nous comprendrons peu à jour que comme elle, nous sommes faits pour la joie. Dieu nous annonce que nous sommes faits pour la joie, pour en parler, pour en faire vivre !
Cette année à Lourdes, Marie vient nous rappeler tout ce qu’elle a dit en Galilée et en Judée, tout ce qu’elle a fait pour que le Sauveur vienne pour nous. Elle vient attirer nos regards, pour les élever ver Dieu. « Le rosaire est un chemin vers Dieu en compagnie de Marie. Heureux ceux qui cheminent avec Marie ». Ils vont apprendre une leçon de joie, au gré des mystères joyeux.

Un itinéraire spirituel nous est proposé. Évidemment, nous pouvons avoir des intentions de prière en venant à Lourdes. Tant mieux !
Mais allons plus avant : parvenons à la source cachée d'où coule la confiance, au pied du rocher ! La place des mystères de la vie de Jésus-Christ, déployée par la méditation des Mystères joyeux du rosaire au long de ce pèlerinage permettra au Seigneur d'adapter nos cœurs à cette reconnaissance.
Un de nos frères aînés, le Père Joseph Eyquem confiait : « Le rosaire apparaît souvent comme un recours à la protection de Marie. […] Cependant, le 'Je vous salue Marie' répond manifestement à une autre perspective. Cette perspective n’est pas simplement celle d’une louange mariale, encore qu’elle en soit pénétrée. […] L’ange vient annoncer à Marie que « le Seigneur est avec elle » pour accomplir le plus grand de ses desseins : l’incarnation du Fils de Dieu. Et il oriente son regard vers l’avenir de l’enfant qui naîtra d’elle […]. Le rosaire nous invite à faire nôtre le regard de Marie sur le Christ. […] Si nous le faisons, c’est guidés par la conviction que, dans le lien étroit et indissoluble qui unit la mère au fils se trouve le secret d’une intelligence supérieure du Christ. […] Entrer dans son intimité pour apprendre d’elle ce qu’elle sait du Christ. C’est expérimenter qu’elle a mission – comme l’Église – de former en nous le Christ. ».
Nous voilà à Lourdes, comme à Nazareth !

Alors, aujourd’hui, nous allons tomber à genoux ! Il ne s’agit pas de faire du bruit, de faire craquer les agenouilloirs devant vous !
Il s’agit de s’émerveiller : Dieu nous annonce que nous sommes faits pour la joie. On n’osait peut-être plus y croire ! On a tous des soucis, on a tous des limites, on a tous des péchés. Et quand on pense à tout cela, la joie a du mal à monter jusqu’à nos yeux, à éclairer notre visage ! Et pourtant, la joie : qui n’aimerait être de ce pays-là, et y être à jamais !
Alors comment ne pas tomber à genoux, en écoutant l’annonce du Seigneur. Pour nous, ce ne sera pas seulement l’Ange Gabriel qui viendra à domicile. C’est Dieu lui-même ; Dieu, oui ; Dieu lui-même ! Dans un tel moment, il n’y a même plus de place pour se poser des questions : comment vais-je l’accueillir ? Comment lui trouverais-je une place ou quelle heure lui donnerais-je dans mon agenda ! Non Dieu vient ; il entre. Il s‘adresse à vous, il vous saisit, il vient se donner à vous.

Une chose seulement compte désormais : savoir dire oui, aimer dire oui, dire oui. Oui, tout simplement. Ne manquez pas de dire ce oui, le oui qui rappelle la parole de l’ange : réjouis-toi ; et qui rime avec une autre qui va jaillir de votre cœur : je me réjouis ! Et comment ne pas vous demander d’offrir au Seigneur ce oui, un oui entier, plein, sincère, vrai. Ne voulez-vous pas le dire ? Dieu vient. Ce oui, proclamons-le ensemble à l’instant, maintenant, avec joie : oui !

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