Dans l’attente de l’Esprit qui fait de nous un seul être avec le Christ

Newton avait raison : dans notre vie, tout est attiré vers le bas. On a beau faire des efforts, on a beau s’élever l’espace d’un moment vers des sommets d’amour de Dieu et de contemplation, ça se termine toujours par un retour au sol. On part bien, on a de bonnes résolutions, et puis la fatigue, ou la lassitude, ou les histoires de famille (quand ce ne sont pas les enfants, ce sont les parents), ou je-ne-sais-quoi encore réduit comme à néant nos beaux efforts et nos belles réussites. Newton avait raison : dans notre vie tout fini toujours par retomber. Et le démon aime tant à nous le rappeler pour nous décourager : il n’y a pas un homme qui peut se vanter d’être fixé définitivement dans le bien.

Mais aujourd’hui, justement, Newton a tort. Jésus Christ est au Ciel. Jésus Christ est monté et il ne retombera pas. Aujourd’hui, le Seigneur est monté au Ciel pour y siéger. Ce n’est pas un petit passage transitoire, comme un astronaute qui fait quelques rotations en orbite avant de retourner sur le plancher des vaches, mais c’est une situation définitive. Il siège à jamais.

Et pour nous, cette Ascension de Jésus est notre grande espérance. Oui, il est possible pour un homme d’avoir une place au Ciel. Oui, Dieu veut nous y accueillir. Cela semblait impossible – comment un homme avec sa faiblesse pourrait entrer dans ce lieu si parfait ? – et Dieu l’a fait. Notre Seigneur, a pris notre nature avec sa faiblesse et l’a faite entrer dans la gloire de Dieu. L’Ascension du Seigneur est notre grande espérance : si Dieu l’a fait pour un homme, il peut le faire pour chacun de nous.

Il peut le faire. Mais est-ce qu’il va le faire ? Parce que c’est bien beau que le Christ soit au Ciel, mais nous, dans notre vie, qu’est-ce que ça change ? Pour l’instant, on en voit surtout un inconvénient : c’est que nous ne voyons plus Jésus. L’Ascension du Christ est une fête magnifique pour le Christ, mais pour nous c’est une fête qui est comme incomplète, un événement qui appelle une autre intervention de Dieu.

C’est justement, c’est ce que S. Paul dit aux Éphésiens : ce pouvoir déployé dans le Christ au jour de sa Résurrection et de son Ascension, Dieu le déploie aussi dans notre vie. Dieu veut faire en nous ce qu’il a fait dans le Christ. Et même plus précisément, ce qu’il a fait dans le Christ rejaillit sur notre vie.

Comment cela est-il possible ? C’est ce que produit l’Esprit Saint. Cette force que Jésus a promise à ses disciples juste avant son Ascension, c’est elle, c’est cet Esprit divin qui est descendu sur nous et qui nous relie au Christ, qui fait de nous un seul être avec lui. Ainsi, nous sommes membres du Corps du Christ. Le Christ est la tête dont nous sommes le corps. Même si nos pieds touchent encore bien la Terre, notre Tête est au Ciel et nous y sommes donc aussi. C’est bien la promesse de Jésus : « Je suis avec vous tous les jours jusqu’à la fin du monde ». Jésus est avec nous. Nous sommes avec Jésus. Jésus est au Ciel, nous sommes donc en contact avec le Ciel.

Cet Esprit, nous l’avons déjà reçu et nous le recevons encore (dans chaque sacrement, par exemple), mais sans cesse, on le demande et on le redemande parce qu’il nous est tellement nécessaire pour relier notre vie à celle du Christ. Et on le demande plus particulièrement en ces jours où nous nous mettons au diapason des apôtres qui ont attendu l’Esprit Saint pendant dix jours en priant. Comme pour eux, pour nous aussi, c’est aujourd’hui le début d’une dizaine de jours de retraite pour demander l’Esprit Saint et nous préparer à le recevoir à la Pentecôte. C’est le moment idéal pour le prier chaque jour (en famille par exemple).

Heureux serons-nous si nous savons profiter de ces jours pour invoquer l’Esprit Saint et faire grandir en notre cœur le désir de le recevoir ! Le Seigneur saura bien combler une telle prière.

L'auteur de cette homélie

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