Regardons la Croix glorieuse de notre Sauveur


Dans le désert, les hébreux ont contemplé le serpent de bronze pour être sauvés de la mort. Ici même en ce lieu, des malades pendant des siècles ont contemplé le Christ crucifié du retable d'Issenheim. A leur suite, contemplons, nous aussi, en silence pendant quelques instants la croix de notre Seigneur Jésus…


1. La Peur

L'histoire du serpent de bronze commence quand les hébreux au désert se mettent à récriminer contre Dieu et contre Moïse. Leur problème, c'est qu'ils ont PEUR. Peur de manquer de nourriture, peur de manquer d'eau. Peur d'affronter les peuples qui sont face à eux. Bref, ils ont peur de MOURIR. La peur de la mort s'est installée en eux et leur CONFIANCE en Moïse a disparu. Alors la mort vient. Non par la faim, la soif ou l'épée. Mais par des serpents à la morsure brûlante. Ces serpents représentent en réalité le visage déformé qu'ils se font de Dieu. Ils nous rappellent le serpent de la Genèse qui a tenté Ève en remplaçant le visage d'un Dieu d'amour par celui d'un Dieu pervers, jaloux de son pouvoir. Et Ève s'est laissé tromper par le serpent au jardin d'Éden comme les hébreux se sont laissé envahir par la peur au désert.

Alors les hébreux se repentent. Moïse prie Dieu qui lui demande une chose étrange : fabriquer un serpent de bronze et l'élever sur un mât… Et quand les hébreux sont mordus, ils regardent le serpent de bronze et ils ont la vie sauve. Quel mystère cette réponse de Dieu ! Un mystère qui s'éclaire plus de 1000 ans plus tard en Jésus : de même que le serpent de bronze fut élevé par Moïse dans le désert, ainsi faut-il que le Fils de l'homme soit élevé, afin que tout homme qui croit obtienne par lui la vie éternelle.


2. Contempler la Croix du Christ

Car souvenez-vous. Qu'avez vous vu en silence au début de cette homélie? La représentation d'un homme en train de mourir cloué sur une croix, torturé injustement par d'autres hommes. Oui, mais vous avez vu aussi autre chose, grâce à la lumière de votre foi : un Fils totalement obéissant à son Père. Un Messie qui accomplit les écritures. Un homme, Jésus Christ, qui est élevé de terre pour que les autres hommes en le contemplant soient sauvés. L'homme souffrant devient le Christ victorieux de la mort. Par la foi, l'instrument de torture devient à nos yeux instrument de libération.

Il y a 11 ans, j'ai fait un voyage en Inde. Nous avons visité le monastère du Dalaï lama à Dharamsala. Là en regardant la gigantesque statue du Bouddha et en la comparant mentalement à celle du Christ en croix, j'ai compris une différence fondamentale entre bouddhisme et christianisme : Bouddha était représenté assis à genoux, les mains posées sur ses cuisses. Il était apaisé, en position de maîtrise. Il avait réussi son but : se libérer totalement de la souffrance. Le Christ, lui, est sur la croix, écartelé, abandonné, souffrant et en même temps victorieux. Alors je me suis dit que la grande maîtrise du Bouddha, je n'y arriverai jamais. Par contre traverser la souffrance armée du bouclier de la foi : oui, ça c'était dans mes cordes. Et j'ai compris que le salut proposé par le Christ était vraiment universel, accessibles à tous et d'abord aux petits.


3. La personne malade, visage du Christ

A Lourdes, frères et sœurs, il y a de nombreuses croix, et en premier lieu celle de la grotte qui se dresse au bout de sa longue tige de métal. Mais aussi, à Lourdes, nous regardons les visages des pèlerins malades. La maladie est toujours une souffrance, une croix. Et pourtant, ces pèlerins rayonnent d'une joie et d'une paix qui est déjà celles du Christ ressuscité. Ces pèlerins malades sont pour nous les témoins de la croix glorieuse où nous sommes sauvés. C'est pour cela que nous sommes si heureux pendant le pèlerinage et que nous revenons de Lourdes avec une foi fortifiée un peu comme les hébreux après avoir regardé le serpent de bronze.


Conclusion

Frères et sœurs, tous nous avons des peurs : peur de la maladie, peur de ne pas être à la hauteur, peur de mourir. Ces peurs révèlent notre manque de foi au Dieu d'Amour. Un Dieu qui veut plus que tout autre chose notre bonheur. En regardant la croix du Christ, nous comprenons que dans les pires moments de notre vie, Dieu est présent, souffrant avec nous. Quand Jésus-Christ nous donne son corps et son sang, il nous invite à nous unir à sa passion et à sa Résurrection pour faire de tous nos échecs, de toutes nos morts, un passage vers la vie. C'est pourquoi nous n'avons plus à avoir peur. Au contraire, reprenons courage, regardons la Croix glorieuse de notre Sauveur, mangeons son corps, buvons à sa coupe et marchons à Sa suite vers le Royaume promis. AMEN

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