Avec la foi, je suis plus moi-même

Homélie prêchée lors du Pèlerinage du Rosaire, le jeudi 3 octobre 2013, à la messe des Commissaires et des Hôtesses.

Essayez de penser à une personne timide. Tenez, donnons-lui un nom, par exemple Hector. Hector, on le connaît comme une personne effacée, sans conversation, gênée… Et puis, mettez Hector dans une situation où il est en confiance. Avez-vous remarqué ? Tout d’un coup, tout change. Hector se laisse découvrir et on se rend compte qu’il a beaucoup d’humour, qu’il peut raconter des histoires extraordinaires pendant des heures ou je ne sais quoi encore. Tout cela était caché derrière sa timidité. La confiance l’a ôtée et on a l’impression de découvrir une nouvelle personne.

On a d’ailleurs comme un doute et pour un peu, on croirait d’ailleurs que ce n’est plus la même personne. On ne reconnaît plus la même personne. On se demande : « Est-ce que c’est bien Hector ? » et en effet, c’est bien lui, c’est même bien plus lui que ce qu’on en connaissait jusqu’à présent.

En fait, on ne connaissait qu’une apparence. Maintenant, on découvre qui est Hector au plus profond de lui-même.

Cela ne vous rappelle rien ? Il y a quelque chose similaire qui arrive avec notre aveugle-né. Il a rencontré le Christ, il en a été changé et maintenant il lui arrive la même chose qu’à Hector : plus personne ne le reconnaît. Mais lui affirme : « C’est bien moi ! » et nous comprenons : « Je suis bien plus moi-même maintenant que le Seigneur m’a donné la vue. Jusqu’à présent vous ne connaissiez qu’un tout petit bout de moi-même. Maintenant, vous voyez ce qui est plus profond en moi. Je n’ai jamais été autant moi-même que maintenant. »

Chers amis, ce que l’aveugle-né a expérimenté, nous aussi nous le vivons. La rencontre avec le Christ révèle qui nous sommes. La vie avec le Christ enlève un voile et nous fait découvrir ce que nous sommes au plus profond de nous. Et que découvrons-nous alors ? Nous découvrons que nous sommes des hommes bons et des femmes de bien. Nous découvrons que nous sommes capables de faire de grandes et belles actions. Nous découvrons que le bien est bien plus profond en nous que le mal.

Dieu est amour. Un amour qui se donne. Un amour qui se livre jusqu’à la Croix. Et il nous a fait à son image. Il n’est donc pas étonnant qu’au fond de nous demeure toujours cette capacité d’aimer.

Chers amis, pourquoi revenons-nous à Lourdes d’une année sur l’autre ? Sans doute parce qu’en venant ici prier et nous mettre au service, nous découvrons les trésors de bonté que le Seigneur a mis au fond de nous. Nous découvrons mieux qui nous sommes. Nous découvrons mieux cette bonne part de nous-même. Et nous sommes heureux quand, à force de prier et de servir, cette bonne part de nous – cette part de nous-même qui est l’image de Dieu – grandit jusqu’à nous définir entièrement. C’est cela être un saint, être saint comme Dieu est Saint.

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