L’Assomption de Marie : le gage de notre propre assomption en Dieu

Elle est chère au cœur chrétien, cette fête de l’Assomption. Et plus chère encore au cœur français. Depuis le vœu de Louis XIII, qui consacra notre pays à Notre-Dame de l’Assomption, faisant ainsi de la Vierge Marie la patronne principale de la France, le catholique français est toujours resté attaché à cette belle fête. Un attachement tel qu’il en vient même à éclipser dans notre esprit et dans notre cœur les autres fêtes mariales. Y compris celles qui sont pourtant plus importantes, telles que la solennité de sainte Marie Mère de Dieu, célébrée le 1er janvier. Plaise à Dieu, et à la Vierge Marie, que tous ceux qui viennent à la messe aujourd’hui y retournent le 1er janvier pour célébrer la sainte Mère de Dieu ! Quoi qu’il en soit, il n’en demeure pas moins vrai que le mystère que nous célébrons aujourd’hui mérite tous les honneurs que nous lui réservons.

Car en ce jour, au terme de sa vie terrestre, la Vierge Marie est élevée dans la gloire du ciel, en son corps et en son âme. Telle est en effet la manière dont l’Église, que ce soit dans ses définitions magistérielles ou dans ses formules liturgiques, a défini le dogme de l’Assomption. Et remarquons au passage l’admirable précis imprécis de la formule. Précis de la formule qui ne dit exactement que ce qu’elle dit et rien de plus. Au terme de sa vie terrestre, la Vierge Marie a été élevée dans la gloire du ciel, en son corps et en son âme. Imprécis de la formule qui ne stipule pas, justement, ce qu’il en est exactement du terme de cette vie terrestre. Pour le dire autrement, la question n’est pas tranchée de savoir si, au terme de sa vie terrestre, la Vierge Marie, avant d’être élevée dans la gloire du ciel, a connu la mort ou non.

La question peut sembler anecdotique. Et pourtant elle n’est pas sans intérêt ni incidence. D’un côté, certains font remarquer que la mort est, dans la Bible, la sanction du péché originel. Or la Vierge Marie est l’Immaculée Conception. Elle a été conçue sans la marque dudit péché originel. Par conséquent, elle ne peut avoir connu la mort, celle qui dès sa conception a été préservée du péché originel. D’un autre côté, d’autres répondent que le serviteur n’est pas plus grand que le Maître. Par conséquent, la Vierge Marie ne peut avoir été préservée d’une mort que même son Fils, qui est Dieu, a connue. Elle dont la propre vie a été si intimement liée à la vie de son Fils, comment ne lui aurait-elle pas été aussi liée dans la mort ? En attendant qu’un jour, peut-être, l’Église tranche définitivement la question, chacun reste libre d’opter pour l’une ou l’autre position. Voilà qui pourra animer les discussions de plage aujourd’hui.

Au-delà toutefois de cette question théologique, l’enjeu est de comprendre la raison de ce privilège accordé à la Vierge Marie. Or ce privilège, comme tous les privilèges de Notre Dame, prend sa racine dans la principale qualité de la Vierge Marie. A savoir qu’elle est la Mère de Dieu. Elle a enfanté celui que le ciel et la terre ne peuvent contenir, l’auteur de la vie, le créateur du monde. Dès lors sa maternité divine l’unit d’une manière toute particulière et mystérieuse à l’œuvre de salut de son Fils, lui donnant ainsi de participer à son triomphe total sur le péché et toutes ses conséquences. Voilà pourquoi, soit dit au passage, la solennité de sainte Marie Mère de Dieu du 1er janvier est si importante. La maternité divine de la Vierge Marie est à la source de toutes les grâces et de tous les privilèges de la Vierge Marie. Y compris de son Assomption. Nous ne contemplerons jamais assez ce que cela peut signifier.

En outre, comprenons bien également que ce privilège de l’Assomption, s’il est vécu d’une manière toute particulière par la Vierge Marie, ne lui est pas strictement réservé. Elle est certes vécue d’une manière éminente et anticipée par la Vierge Marie. Mais non de manière exclusive. Bien au contraire, l’Assomption de Notre Dame est le gage et l’annonce de notre propre assomption en Dieu. L’Assomption de Notre Dame nous rappelle que nous sommes appelés à connaître nous aussi, un jour, la gloire du ciel, non seulement avec notre âme mais aussi avec notre corps. En ce sens, l’Assomption de la Vierge Marie ne fait que signifier, d’une manière toute particulière, notre foi en la résurrection de la chair et notre espérance en la vie éternelle.

Que Notre Dame, qui trône désormais au ciel, auprès de son Fils, en son corps et son âme, intercède pour nous, afin de nous obtenir un authentique amour filial qui nous la fasse toujours aimer. Elle est l’étoile de la mer qui nous guide, corps et âme, vers le ciel. Gardons les yeux fixés sur elle. Nous ne nous tromperons jamais de chemin. Amen.

 

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