Marie, au paradis

Homélie de fr. Didier VERNAY, o.p., prêchée le 15 août 2014, au couvent du Saint-Sacrement de Nice

Une femme a donné son OUI à la demande que lui présentait l'archange Gabriel, l'envoyé céleste de Dieu le Père.
Une femme a porté en son sein Celui que la terre entière et les cieux des cieux ne peuvent contenir, le Verbe de Dieu, la Parole créatrice par laquelle tout est passé du néant à l'existence.
Une femme a donné un corps au Fils de Dieu. En son sein, durant neuf mois Dieu s'est fait homme, Celui de qui tout dépend s'est fait dépendant d'une mère et d'un père, et le nom de la mère était Marie et le nom du père adoptif était Joseph.

Marie a accompagné ses balbutiements d'enfant, ses premiers pas d'homme, ses chutes et ses relèvements.
Marie était présente aux moments importants de son histoire d'homme et de Fils de Dieu.
Elle était présente à Jérusalem lors de la présentation au Temple avec comme témoins Anne la prophétesse et Syméon, le vieillard plein de sagesse et d'espérance patiente.
Elle était encore présente dans le Temple de Jérusalem, lors des retrouvailles après trois jours et trois nuits d'angoisse avec comme témoins les pharisiens et les docteurs de la Loi.
Elle était présente à Cana, ayant par sa parole provoqué le miracle de l'eau changée en vin, avec comme témoins les serviteurs qui avaient versé l'eau et puisé le vin des noces.
Elle était présente au pied de la croix assistant, impuissante mais pleine d'amour, à l'agonie de son fils, à sa lutte sans merci contre la violence, le mal et la mort, avec comme témoins Jean le disciple bien-aimé et Marie de Magdala, la pécheresse graciée devenue l'une des bien-aimées de son fils Jésus.
Elle était présente au Cénacle, soutenant et stimulant l'attente craintive mais pleine d'espoir des disciples: ils attendaient l'événement annoncée par Jésus lui-même : la venue de l'Esprit Saint qui leur donnerait la force d'en-haut.

Il convenait donc que le corps de celle qui avait ainsi vécu tant de moments privilégiés avec son Fils Jésus notre sauveur et notre Dieu ne connût point la corruption du tombeau.
Au moment favorable, elle s'endormit dans la paix. Son corps reposa, comme son fils, trois jours et trois nuits dans un tombeau. Mais au matin du troisième jour, les anges emportèrent son corps, son cœur, son âme et son esprit, son être entier en Paradis où le Fils accueillit joyeusement sa mère alors que résonnaient les concerts des anges et des archanges musiciens dans la joie de tous les vivants heureux d'accueillir leur fille et leur mère.

Désormais dans la Paradis, elle poursuit la mission, qu'au temps de sa mort sur la croix, son Fils lui donna: "Mère voici ton fils". Elle intercède ainsi pour tous les hommes et plus particulièrement pour ceux et celles qui, comme Jean l'accueillent dans leur demeure, dans le temple de leur cœur déjà habité par l'Esprit Saint.

Par saint Dominique, le Rosaire nous a été donné pour nous aider à rester dans la tendresse et dans la compagnie de celle qui, comme une mère attentionnée intercède pour nous et nous apprend à comprendre et à vivre l'évangile.
À la suite de Dominique, les frères prêcheurs, ses fils, bien-aimés serviteurs de la Vierge Marie, ont reçu mission d'enseigner et de propager cette prière simple pour laquelle l'un d'entre eux, actuel promoteur général du Rosaire, a forgé dans le feu de l'Esprit Saint un refrain qui reste à jamais dans les cœurs de ceux qui l'ont entendu : ROSAIRE UN JOUR, ROSAIRE TOUJOURS.

C'est pourquoi, au terme de cette homélie je vous invite à dire chacun dans notre langue et notre habitude de prier le Rosaire: Réjouis-toi Marie, Je vous salue Marie, Ave Maria, Hail Mary...

Réjouis-toi Marie comblée de grâce…

Assumption
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