« Et comment m'est-il donné que vienne à moi la mère de mon Seigneur ? »

Frères et sœurs quelle révérence ! Bien plus, quelle foi ! Élisabeth appelle Marie « Mère de mon Seigneur » ! Pourtant, c’est sa cousine. Je dirais même plus, c’est sa jeune cousine ! On peut tout à fait imaginer qu’Élisabeth la connaissait depuis son plus jeune âge, qu’elle l’a vue encore toute petite. Un enfant qui doit tout apprendre. Un enfant qui est complètement dépendant des autres. Un enfant qui aime jouer, qui est un enfant bien sage, mais qui reste un enfant, à un âge que l’on ne prise guère à l’époque. Pas plus que les jeunes vierges d’ailleurs. Car lorsqu’elle vient chez elle, Marie reste une vierge bien jeune, et ce statut n’a rien d’enviable dans la société d’alors. Elle n’est bonne qu’à se marier, ou, faute de mieux, en attendant, à rendre service à sa vieille cousine. Et pourtant, Élisabeth, remplie de l’Esprit-Saint et animée par la foi, sait reconnaître, en sa petite cousine, en cette jeune vierge, en Marie, la « Mère de son Seigneur ! ». L’accueillir non seulement avec admiration, mais même avec la vénération et la foi. Et nous devrions, frères et sœurs, suivre son exemple.

Vous allez me dire : Bien sûr, Notre Dame, nous la vénérons ! Elle est patronne principale de notre pays ! D’innombrables églises et cathédrales splendides lui sont consacrées ! Nous l’invoquons souvent, nous avons même prié le chapelet pendant tout ce mois de mai, ce mois de Marie !

Et pourtant, frères et sœurs, Marie n’est pas la seule bienheureuse qui a cru. Marie n’est pas la seule Mère de notre Seigneur ! Aujourd’hui c’est l’Église qui nous apporte Jésus comme jadis Marie à Élisabeth. Oui, l’Église qui n’est pas notre cousine, mais mère et que nous regardons cependant souvent, trop souvent, avec un regard bien plus critique qu’admiratif. L’Église, dont le statut social n’a plus rien d’enviable. L’Église dont nous pensons si souvent, qu’elle n’est bonne qu’à nous rendre un service. L’Église dont nous voyons si facilement les défauts. L’Église qui mérite bien notre vénération, qui mérite bien que nous lui disions avec sainte Élisabeth et remplis de foi :
« Et comment m'est-il donné que vienne à moi la mère de mon Seigneur? »

 

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