Tenir la flamme allumée

Frères et sœurs, quarante jours après la Nativité du Seigneur, nous avons la chance cette année de célébrer un dimanche la belle fête de la Présentation de Jésus au Temple. Une fête qui est à la foi celle du Seigneur et celle de la Vierge Marie.

Joseph et Marie obéissent à la loi de Moïse et viennent au Temple pour la présentation de Jésus, leur fils premier-né, comme il est écrit : « Tout premier-né de sexe masculin sera consacré au Seigneur. » Ils viennent aussi au Temple pour accomplir le rite de purification de la Mère de l’enfant en offrant « un couple de tourterelles ou deux petites colombes » ce qui constituait l’offrande des pauvres.

Nous célébrons aujourd’hui d’une manière particulière Celui qui est la « lumière qui éclaire les nations » comme le dit si bien le vieillard Syméon dans sa prière de bénédiction à Dieu.
Jésus est la Lumière qui vient éclairer ce monde dans lequel règne les ténèbres du mal et du péché. Le thème de la lumière est fortement présent dans notre liturgie d’aujourd’hui. Nous avons ouvert notre célébration par une bénédiction de cierges et une petite procession des lumières. Chacun de nous tenait en main un cierge allumé qui a été bénit par le Seigneur.
Ce geste, nous le faisons deux fois par an, aujourd’hui même et lors de la nuit de Pâques alors que nous suivons le Cierge Pascal, symbole du Christ ressuscité.
Ce geste manifeste pour nous la beauté et la valeur de notre vie d’hommes et de femmes consacrés au Seigneur par notre baptême. C’est bien au Baptême que le célébrant dit cette belle prière : « C’est à vous parents, parrain et marraine que cette Lumière est confiée. Veillée à l’entretenir pour que votre enfant, illuminé par le Christ avance en enfant de lumière. »
À travers le rite de la lumière que nous venons de vivre ensemble, nous manifestons ouvertement que nous sommes comme des reflets de la lumière du Christ. Nous sommes des porteurs de la lumière du Christ dans notre monde, des témoins de Jésus pour nos frères et sœurs.

La petite procession que nous avons faite vers l’Autel de notre église rappelle l’entrée de la Vierge Marie dans le Temple. Celle qui est la personne consacrée particulièrement par Dieu, porte dans ses bras Jésus qui est la lumière du monde, le Verbe, la Parole faite chair et qui est venu au milieu de nous pour dissiper les ténèbres en y déposant l’Amour.

Frères et sœurs, le chant de louange et de bénédiction du vieillard Syméon que nous avons entendu est tellement beau et si important, que l’Église tout entière le reprend chaque soir dans le chant des Complies, la prière qui se fait juste avant le sommeil de la nuit. Syméon a vu en vérité le Salut de Dieu, il a vu de ses yeux ce petit enfant qui vient sauver le monde entier de la nuit du péché. En ce jour, Jésus, la lumière du monde, vient nous ouvrir le chemin de la vie, mais pas de n’importe quelle vie ; de la vie avec Dieu notre Père.

Cette petite flamme que chacun de nous avait entre les mains au début de notre célébration, nous sommes invités à l’entretenir, à la maintenir allumé chaque jour de notre vie en participant pleinement à ce qui fait la vie du Chrétien.

Le pape François disait ce jeudi matin « qu’un chrétien sans Église, ça n’a pas de sens. » Il nous rappelle que « le chrétien n’est pas un baptisé qui reçoit le Baptême et puis qui s’en va son chemin. Car le premier fruit du Baptême est celui de te faire appartenir à l’Église, au peuple de Dieu. On ne peut comprendre qu’un chrétien soit sans Église. »
Il reprend aussi les paroles du pape Paul VI : « aimer le Christ sans l’Église c’est absurde ; écouter le Christ mais pas l’Église ; être avec le Christ en marge de l’Église, ce n’est pas possible. C’est absurde. Le message évangélique, nous le recevons dans l’Église et notre sainteté nous la réalisons dans l’Église, notre route nous la menons dans l’Église. Toute autre chose est fantaisiste, c’est absurde ». Cela veut tout simplement dire que vivre à la suite du Christ sans participer à la vie de l’Église ce n’est pas logique.

Cette petite flamme que nous portons doit être pour ceux qui nous entourent le signe que Jésus, le Christ, est notre joie et notre espérance dans l’aujourd’hui de notre vie.

Cette petite flamme nous invite à être chaque jour plus fidèle au Seigneur et vigilant dans notre prière car, vous le savez bien, il suffit d’un léger courant d’air pour que la flamme s’éteigne, il suffit d’un moment d’inattention pour que le cierge n’illumine plus notre chemin.

Cette petite flamme nous rappelle que vivre avec Jésus nous demande d’être fidèle et vigilant tout au long de notre vie et c’est bien cela qui fait si lourdement défaut aujourd’hui. Pourtant, notre monde cherche Dieu, comme Syméon et Anne qui attendaient patiemment la venue du Sauveur à la porte du Temple.

Par notre baptême, nous sommes tous consacrés au Seigneur et notre devoir de chrétien, de fils et de filles de Dieu, est de porter au monde la Bonne Nouvelle que Jésus, la Lumière du Monde, est venue pour nous sauver des ténèbres de la mort.

Frères et sœurs, en ce jour où nous célébrons la présentation de Jésus au Temple et la purification de la Vierge Marie, recherchons ardemment, au fond de notre cœur, la présence du Seigneur et essayons du mieux que nous pouvons de tenir la flamme allumée, la flamme de notre foi, la flamme de notre fidélité au Seigneur qui est venu pour nous sauver. Amen.

L'auteur de cette homélie

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