Jésus, Lumière des Nations

Homélie prêchée le 2 février 2014, pour la fête de la Présentation du Seigneur, au Couvent des Ursulines de Fribourg (Suisse)

Dans l’Évangile d’aujourd’hui Jésus est désigné comme la lumière. Rappelons nous les mots de Syméon : « Car mes yeux ont vu ton salut... lumière pour éclairer les nations... ». A nous de réfléchir sur ce que cela veut dire.

Nous le savons tous, que la lumière permet de voir les choses comme elles sont. Quand il n’y a pas de lumière naturelle ou artificielle, on ne voit pas. De plus, tandis que les yeux ne peuvent pas en absence de la lumière exercer leur capacité, l’imagination, elle, peut se déchaîner. Parce qu’on ne voit rien, l’imagination se représente les scénarios les plus effrayants et ainsi elle engendre la peur. Cela est vrai d’une marche de nuit à travers la forêt ou un cimetière. Cela est vrai aussi par exemple de la mort. On ne voit pas ce qu’implique la mort humaine. On ne voit pas où et par où il faut passer afin de parvenir à la vie éternelle. L’imagination donc peut travailler et la peur en résulte.

Apparemment, Syméon n’a pas peur. Pendant toute sa vie il s’est appuyé sur la foi et non pas sur l’imagination. Pas sur des idées ésotériques mais sur la justice ; il s’est appuyé sur la connaissance des Écritures, notamment des prophètes, et sur la confiance dans les promesses de Dieu. Il s’est appuyé sur la piété en lien avec le temple et avec le Peuple de Dieu – Israël, dont la consolation était attendue par Syméon. Le temple comme le peuple de Dieu sont des signes visibles de la présence de Dieu. Syméon a mis sa confiance non en l’imagination mais en la Révélation. Les vérités révélées, comme une lumière, ont accompagné Syméon tout au long de sa vie. Et maintenant Syméon peut prendre dans ses bras la vrai Lumière. La Lumière qui chasse même le peur de la mort. C’est pourquoi Syméon parle de la paix : « Maintenant, ô Maître, tu peux laisser ton serviteur s’en aller dans la paix. »

L’imagination a besoin d’être guérie par la lumière divine. Pourquoi ? Parce qu’ici pendant la vie terrestre on ne voit pas trop la profondeur des choses. On peut se laisser facilement séduire par l’imagination elle-même où par les démons qui utilisent l’imagination humaine pour suggérer les tentations. La parole divine, les sacrements, la communauté ecclésiale, autant de choses concrètes qui nous assurent de la présence de la Lumière qu’est Jésus lui-même. On a besoin de cette lumière face aux difficultés de la vie, face au péché et surtout face à la mort.

Les cierges qu’on a bénis aujourd’hui servent à chasser la peur. On les allume pendant l’orage, pendant les ténèbres spirituelles et surtout on les allume auprès du lit mortuaire. On croit que les sacramentaux apportent une certaine lumière divine. Ce n’est pas Jésus lui même. Mais c’est quelque chose qui est voulu par Jésus et qui nous aide à apaiser notre imagination et attendre dans la paix le secours divin. Jésus nous a donné beaucoup de petites lumières pour nous préparer à la venue de la Lumière véritable qu’il est lui-même.

Amen.

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