Pauline Jaricot, figure du laïcat missionnaire et initiatrice du Rosaire vivant

Un article paru dans la Revue du Rosaire d’octobre 2012


Pauline Jaricot est née en juillet 1799, à la fin du XVIIIe siècle à Lyon, dans le quartier des négociants en soierie mais ses attaches étaient populaires.

Très vivante, Pauline Jaricot mène une vie insouciante dans un milieu très croyant et aisé, « vivante de sa propre vie », comme elle l’écrira elle-même ! Après une enfance choyée, elle mène une vie mondaine.

Mais à 17 ans, un dimanche de Carême 1816, à l’église Saint-Nizier de Lyon, elle est particulièrement touchée par le sermon du prêtre. Après s’être confessée, d’une façon radicale elle choisit « de renoncer aux manières, aux plaisirs, aux pensées que le monde consacre et que Jésus Christ déteste ».

Le seul désir de Pauline Jaricot est de s’anéantir en Jésus Christ, donner sa vie par amour pour Lui, prendre part à sa souffrance. Elle n’en demeure pas moins femme d’initiative !

Informée par son frère Philéas, qui deviendra prêtre, que les missions ont besoin de financement, la Mission entre dans le projet spirituel de Pauline Jaricot.

De sa correspondance avec son frère, lui est venue l’idée de ce que sera l’œuvre de la Propagation de la foi. Ne pouvant aller en Asie, elle cherche sous quelle autre forme aider les missions. Elle reçoit un appel pour aider la mission en Louisiane où se trouvent une colonie française, des prêtres et des évêques missionnaires. Pauline découvre que la mission n'est pas seulement en Asie, la mission de l'Église est universelle.

Pour soutenir l’évangélisation dans le monde, Pauline Jaricot va lancer une nouvelle méthode basée sur le système décimal : chaque personne doit trouver dix autres personnes qui, à leur tour, en trouvent chacune dix autres, formant ainsi des « dizaines » de donatrices, des « centaines » et même des « milliers », jusqu'à l'infini.

Les dizaines, les centaines et les milliers recueillent respectivement la collecte hebdomadaire de dix, de cent, de mille personnes associées. Un plan d'une extrême facilité et simplicité, efficace aussi, nourri d'une spiritualité eucharistique, se répand en peu de temps depuis Lyon vers les autres régions. C’est le génie démultiplicateur de Pauline Jaricot !

Le Rosaire vivant

Dans l'année du Jubilé 1825, Pauline fait naître une autre œuvre providentielle, celle du « Rosaire vivant », en appliquant la même méthode que la précédente à la récitation associée de cette prière mariale, mais en remplaçant le nombre de dix associés par celui de quinze (correspondant, à l’époque, au nombre des mystères du Rosaire). Il faut alors trouver quinze personnes et confier à chacune d'elles chaque mois le soin de réciter tous les jours une dizaine de chapelet en méditant sur le mystère correspondant de la vie de Jésus.

Ce mystère, tiré au sort, change chaque mois. En outre, chaque personne associée cherchera cinq autres membres qui, à leur tour, chercheront à multiplier les adhérents. La communion de cœurs priant et méditant chaque jour la vie complète de Jésus, crée une force spirituelle immense dans l’Église.

Le Rosaire vivant s’est étendu comme un incendie en France, au Canada, en Amérique latine, en Asie et dans le monde entier.

Pauline Jaricot se retire en 1833 dans sa maison de Lorette, au pied de la basilique de Fourvière, avec les « Filles de Marie » dont elle est la fondatrice.

Elle meurt le 9 janvier 1862, après avoir perdu tout son patrimoine. En cette année 2012, nous fêtons le 150e anniversaire de sa mort.

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