Rencontre avec... Marie-José

Marie-José, pourriez-vous nous parler de votre expérience de la prière du Rosaire ?

Après quatre mois d’une maladie fulgurante qu’elle pressentait fatale, notre chère mère a atteint la fin de son parcours terrestre le 18 mai 2011.

Le combat, pour adopter le mot grec d’agonie dans son acception première de «lutte», avait commencé la veille pour s’achever ce jour de la Saint-Éric en fin d’après-midi. En ces heures de l’attente de l’inéluctable, que pouvais-je faire ? La Providence conduisit à nos côtés, trois heures avant la mort de ma mère, l’une de ses amies. Ayant compris que notre mère était entrée en agonie, elle proposa avec beaucoup de simplicité de dire un chapelet. Une communication invisible s’établit. Maman, qui ne parlait plus depuis le matin, prenait congé de nous encouragée peut-être par le bercement de nos prières. Moi-même, au cœur du deuxième chapelet, soutenais ma mère chérie dans son envol. À chaque dizaine, comme un plongeur qui hésite à s’élancer, ma mère semblait rassembler ses forces pour le grand saut. «Salto mortalem»... Puis, au fil du troisième et dernier chapelet, j’ai vu une grande vague la saisir et l’emporter. Je n’eus que le temps d’appeler mon frère qui nous rejoignit pour l’ultime Notre Père. À cet instant, une expression de surprise incrédule et amusée illumina le visage de notre mère ; elle semblait dire : « Comment ! Vous, ici ? Ça alors... Mais ce n’est pas possible ! »

La vision de cette surprise quasi rieuse que je perçus alors, ne me quitte pas. Dans les moments de grand chagrin, je repense à cet envol si léger et souriant de notre mère. Nul doute que le Rosaire a été d’un grand secours et pour la mourante et pour nous. Je ne saurais dire comment ni pourquoi la reprise presque incantatoire des dizaines peut aider l’agonisant et sa famille, pourtant force est de le constater. Peut-être est-ce là le langage de la dernière «communion» terrestre. Désormais, il m’arrive dans les moments les plus inattendus, de ressentir le besoin de dire un chapelet comme si ces minutes me ramenaient sereinement aux graves heures de cet après-midi du 18 mai 2011.

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