Comment ai-je ce bonheur que la mère de mon Seigneur vienne jusqu’à moi ?

L’Évangile de ce jour est un récit d’envoi en mission, et par là, il fait de nous tous des missionnaires. Si vous en doutez, je vous relis l’antienne de l’Alléluia : « Chante et réjouis-toi, Vierge Marie, messagère de la Bonne Nouvelle : le Seigneur a visité son peuple ». Tout le récit évangélique de la Visitation est résumé dans cette phrase. Jésus visite son peuple en se faisant homme, en prenant corps dans le sein de la Vierge Marie. Jésus fait de sa mère, la Vierge Marie, la première missionnaire.

Comment ai-je ce bonheur que la mère de mon Seigneur vienne jusqu’à moi ? C’est la salutation d’Élisabeth à Marie…Et c’est sur cette interrogation que je voudrais méditer avec vous aujourd’hui. C’est évidement Marie qui rend visite à Élisabeth…Mais c’est avant tout Jésus, le Messie, qui rend visite à l’humanité représentée par Élisabeth, Zacharie et Jean-Baptiste…et non seulement Élisabeth est surprise et montre son étonnement mais l’enfant qu’elle porte à « tressailli d’allégresse au-dedans » d’elle ! Depuis ce jour, Jésus ne cesse de visiter son peuple. Jésus vient à nous gratuitement chaque jour par sa Parole quand nous méditons la Bible, lorsque nous prions en communauté ou individuellement et d’une manière toute spéciale dans la célébration de l’Eucharistie où il se rend présent dans le pain et le vin consacré. Et là, chacun de nous pourrait faire sienne l’interrogation d’Élisabeth : Comment ai-je ce bonheur que mon Seigneur vienne jusqu’à moi ? Qu’est-ce qui fait de moi un être si particulier pour que Jésus vienne vers moi ? Eh bien tout simplement parce que Jésus veut se faire connaître aux hommes et qu’il désir faire de nous à la suite de Marie, des missionnaires de la Bonne Nouvelle.

Mais, évidemment, avant de pouvoir annoncer quelqu’un, il faut d’abord le connaître…A l’image de Jean-Baptiste qui a « tressailli d’allégresse » dans le sein de sa mère ou bien encore des disciples d’Emmaüs qui se dirent l’un à l’autre : « notre cœur n’était-il pas brûlant au-dedans de nous quand il nous expliquait les Écritures », il est bon de regarder au fond de moi si je laisse un peu de place pour que Jésus, d’une manière ou d’une autre, puisse habiter en moi. Ai-je déjà ressenti cette chaleur intérieure, cette présence intime de Jésus qui est venu me visiter ?

Dans son Magnificat, la Vierge Marie dit : « Il comble de bien les affamés, renvoie les riches les mains vides ». Pour être un vrai témoin de Jésus dans le monde, il faut d’abord avoir personnellement faim de Dieu. Suis-je un affamé de Dieu ? Et, dans un deuxième temps : est-ce que je laisse de côté mes certitudes, ma fierté, tout ce qui fait en quelque sorte ma richesse personnelle pour me laisser combler de l’amour de Dieu ? Lorsqu’on vient vers Jésus avec nos certitudes, on est souvent bousculé, voir remis en place par lui ! Le monde autour de nous a toujours plus faim de Dieu et c’est notre mission à tous, nous les croyants, d’apporter Jésus à ceux qui le cherchent sans vraiment le trouver. Oui Dieu vient visiter son peuple. Il vient l’abreuver et le combler de richesses. Il suffit de lui ouvrir notre cœur et de l’accueillir pour qu’il nous donne son amour en partage.

Par son Magnificat, la Vierge Marie nous montre aujourd’hui le chemin à suivre pour être un vrai témoin : accueillir l’amour de Dieu pour être ensuite poussé par Lui vers l’autre, mon prochain, pour témoigner et pour qu’à son tour il puisse dire : Comment ai-je ce bonheur que mon Seigneur vienne jusqu’à moi ? Amen.

L'auteur de cette homélie

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