Rencontre avec... le Promoteur Général du Rosaire

1. Frère Louis-Marie, d’où venez-vous et comment êtes-vous devenu dominicain ?

Je suis né à Cholet, dans la Vendée historique, une région de l’Ouest de la France, en 1970, dans une famille catholique. Aîné de 5 enfants, j’ai rencontré notre Ordre au couvent de Toulouse et ai décidé de devenir dominicain en 1998, après les Journées Mondiales de la Jeunesse organisées à Paris en 1997. En quelques mots, on peut dire que j’ai eu le coup de foudre pour l’Ordre des Prêcheurs et pour sa devise, « Veritas » !

2. Vous êtes à Fribourg pour faire des études. Qu’étudiez-vous ?

En effet, je suis à Fribourg pour rédiger ma thèse de doctorat qui devrait être finie en juin 2014. Elle porte sur la vie de bienheureuse Vierge Marie dans les traditions apocryphes syro-orientales. Il s’agit d’une étude sur 20 manuscrits qui permettra une édition critique et un commentaire théologique. Un tel travail me met en lien avec des bibliothèques et des chercheurs du monde entier.

3. Vous êtes en même temps Promoteur Général du Rosaire. Qu’est-ce qu’un Promoteur Général du Rosaire ?

La tradition de notre Ordre nous dit que Notre-Dame a donné le Rosaire à saint Dominique. C’est donc une prière qui est liée à notre Ordre. Depuis longtemps, il existe un frère qui représente le Maître de l’Ordre pour encourager la pratique de cette dévotion partout dans le monde : c’est le Promoteur Général du Rosaire. Il permet également de coordonner ce qui se fait dans les différentes provinces et de faire connaître leurs réalisations. N’oublions pas que, s’il y a un Promoteur Général du Rosaire, nous sommes tous, en fait, promoteurs du Rosaire !

4. Concrètement, quel est votre travail en tant que Promoteur ?

Le Maître de l’Ordre, lorsqu’il m’a nommé à cette charge, au cours du Chapitre général de Bogotá en 2007, a demandé que soit lancé un site internet qui permette une meilleure communication de ce qui se fait dans le monde dans le domaine du Rosaire. J’assure donc le bon fonctionnement de ce site dont l’adresse est www.rosarium.op.org et l’alimente quotidiennement. Il y a 2.000 documents et 500 photos en ligne, dans 50 langues différentes… dont le slovaque ! Par ailleurs, chaque année, je rends visite, lors d’un grand voyage dans une zone géographique, plusieurs une ou plusieurs provinces pour rencontrer les acteurs du Rosaire et les encourager dans ce bel apostolat de l’Ordre.

5. Votre travail est donc lié au le Rosaire. Quelle est votre expérience de cette prière ?

En fait, je n’ai découvert la prière du Rosaire que bien tard. Mes grands-mères vivaient avec leur chapelet à la main. En revanche, je n’ai jamais vu mes parents le prier… C’est à la suite d’un pèlerinage à Lourdes que j’ai commencé à être attiré par cette prière simple et pratique, que l’on peut prier seul ou en groupe, qui est un vrai résumé de l’Evangile, lu et vécu avec Marie.

6. Pourquoi prier le Rosaire ?

Il est difficile de dire en quelques lignes les raisons qui nous poussent à prier le Rosaire. C’est une prière qui a fait ses preuves au long des siècles et elle a toujours été encouragée, dans notre Ordre et dans toute l’Église. Même si nous y répétons des Ave Maria, il ne faut jamais oublier qu’il s’agit d’une dévotion christocentrée, qui nous permet de contempler le Verbe fait chair. Pourquoi prier le Rosaire ? Pour aller à Jésus par Marie !

7. Nous nous trouvons au début du troisième millénaire. Quel avenir pour le Rosaire ?

Mais le Rosaire a toute l’éternité devant lui ! Comme « un maître de maison qui tire de son trésor du neuf et de l’ancien » (Mt 13,52), nous sommes invités à tirer du neuf et de l’ancien de ce trésor qu’est le Rosaire. De l’ancien, ce sont les siècles de pratique de cette prière qui s’enracine dans l’Ecriture Sainte elle-même. Du nouveau, ce sont des initiatives qui jaillissent ici ou là et proposent une annonce de la foi toujours nouvelle.

8. Vous voyagez beaucoup pour promouvoir le Rosaire. Pouvez-vous partager avec nous une expérience qui vous a marqué de vos voyages ?

Là aussi, il est difficile d’en choisir une seule car la vitalité du Rosaire est impressionnante, partout dans le monde chrétien. Je reste très marqué par la visite faite il y a deux ans, au Cameroun, chez les moniales dominicaines de Toumi. Cette communauté, fondée par les sœurs d’Olmedo, est perdue dans la brousse, loin de tout. J’ai un souvenir profondément ému du Rosaire que nous avons prié ensemble, le soir, tout simplement. En fait, le Rosaire ne se raconte pas, il se vit !

9. Nous approchons du Jubilé de l’Ordre, mais aussi de celui des apparitions de Fatima. Quels sont les projets que l’on prépare à cette occasion ?

Effectivement, nous fêterons les 800 ans de notre Ordre en 2016 et les 100 ans des apparitions de Fatima l’année suivante. Plusieurs projets seront proposés alors. Un Rosaire pèlerin va parcourir tous les monastères de l’Ordre, de décembre 2015 à octobre 2017, depuis Prouilhe jusqu’à Fatima. Parallèlement, dans la Péninsule ibérique, une exposition itinérante sur le Rosaire sera organisée au long de l’année 2016. Enfin, un colloque réunissant tous les Promoteurs provinciaux du Rosaire de l’Ordre devrait être organisé en octobre 2017 à Fatima.

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