Renaître, par le baptême

Frères et sœurs,

Avec la fête du Baptême de Jésus que nous célébrons aujourd’hui, nous terminons ce beau Temps de Noël, temps de la naissance de Jésus, ouverture à la vie nouvelle qui nous est promise.

Nous parcourons aujourd’hui une nouvelle étape de la manifestation du Christ au monde que nous avons commencé dimanche dernier par la solennité de l’Epiphanie où Jésus se révèle aux païens. Cette deuxième manifestation est celle du baptême de Jésus par Jean et de sa révélation comme Fils du Père.

La fête du Baptême du Seigneur nous ouvre à une dimension trinitaire et nous laisse à voir et à entendre Dieu dans sa plénitude.

Dieu le Fils par Jésus qui vient recevoir le baptême de Jean. Jésus prend part à ce grand mouvement de foule. Il vient se fondre parmi les hommes et se faire leur semblable en se soumettant au geste de pénitence de Jean. Pourtant, Jésus, qui est homme et Dieu, n’avait aucunement besoin d’être purifié ! Par ce geste, il vient confirmer un rite essentiel de purification proposé par Jean mais, bien plus, il vient le transformer, l’actualiser. Il ne faut pas oublier la promesse qui nous est faite lorsque Jean dit : « Moi, je vous baptise avec de l’eau, mais il vient, celui qui est plus puissant que moi. Lui vous baptisera dans l’Esprit Saint et dans le feu ». C’est la promesse pour nous d’une vie nouvelle, d’une nouvelle naissance qui nous est donnée par le bain de l’eau purifiante.

Dieu l’Esprit Saint qui se rend présent par une colombe. Cette colombe est le signe qu’un monde nouveau s’ouvre aux hommes avec l’avènement du Fils de Dieu qui vient nous sauver. Elle est aussi le signe de l’Esprit Saint qui nous est donné, comme elle a été le signe du monde nouveau offert aux hommes après le déluge et l’Arche de Noé. C’est la promesse pour nous d’une vie nouvelle, d’une nouvelle naissance qui nous est offerte par le don de l’Esprit Saint.

Dieu le Père qui affirme par sa propre parole que Jésus est son Fils bien-aimé. Nous venons de l’entendre dans l’Évangile : « C’est toi mon Fils bien-aimé ; en toi j’ai mis tout mon amour. » C’est la confirmation que Jésus est bien le Fils du Père des Cieux. C’est la promesse pour nous d’une vie nouvelle, d’une nouvelle naissance qui nous donne Dieu pour Père et Jésus pour frère.

Le baptême est donc un passage, par lequel Jésus est plongé, et par lequel il nous enseigne la nécessité de la conversion, de ce « tourner vers » pour nous amener à Dieu.

Frères et sœurs, fêter le Baptême de Jésus nous renvoie évidement à notre propre baptême, à cette ouverture à une vie nouvelle qui nous est offerte. Chez beaucoup de nos contemporains, peut-être même dans vos propres familles, vous entendez aujourd’hui cette phrase presque institutionnelle : « J’ai décidé de ne pas baptiser mon enfant, il choisira plus tard lui-même s’il désire devenir membre de tel ou tel religion. » ou encore « Je ne veux pas mettre mon enfant devant le fait accomplit et l’obliger ainsi à vivre avec quelque chose qu’il ne désire pas ».

Peut-être faut-il à nouveau prendre conscience que de faire parti de la grande famille de Dieu et de pouvoir à son tour appeler Dieu : Père, est une chance et non pas un boulet attaché au pied et qu’il nous faudra tirer toute notre vie. Dans notre monde du XXIème siècle, des hommes et des femmes meurent parce qu’ils témoignent de leur foi ou bien parce qu’ils désirent devenir chrétiens… Enfants de Dieu. Nous avons cette chance de vivre dans un pays libre…mais notre société matérialiste fait que le désir de Dieu ne revêt aucun caractère indispensable et est relégué au second plan…

A notre propre baptême, comme à celui de Jésus, le ciel s’est ouvert et le Père lui-même à dit à chacun de nous : « tu es mon Fils, aujourd’hui, je t’ai engendré. » Oui, par notre baptême nous avons été engendrés à la vie nouvelle, les portes de la Jérusalem céleste se sont à jamais ouvertes avec Jésus qui est parti nous préparer une place auprès de lui.

Etre baptisé, c’est renaître. Être baptisé, c’est devenir ami et frère de Jésus. Etre baptisé c’est un engagement qui signifie qu’il nous faut désormais marcher avec Jésus, mettre nos pas dans les siens, pour prier comme Jésus lui-même et avec lui, Dieu notre Père qui est dans les Cieux. Cela ne nous assure pas une vie parfaite, sans embuches, sans maladies, sans problèmes, mais cela nous conforte dans la certitude qu’à la fin, une autre vie nous est donnée que nous avons reçue au baptême. C’est bien cela notre foi.

Chaque jour, nous marchons sur la route du christ ou nous sommes confronter à la vision du mal mais aussi au désir de la sainteté. A chaque pas que nous faisons, nous pouvons choisir de marcher avec Dieu ou bien le refuser. Chaque jour, nous sommes blessés par le péché, mais nous sommes aussi purifiés par le baptême que nous avons reçu et par le sacrement de la réconciliation que nous pouvons toujours recevoir.

Frères et sœurs, ce baptême que nous avons reçus nous a fait renaître d’une manière nouvelle et a fait de nous des enfants de Dieu ! Etre enfant, cela veut dire que nous sommes rattachés à une famille. Cette famille, nous la retrouvons chaque dimanche en communauté car « L'homme ne peut avoir Dieu comme Père, disaient déjà les Pères dans la tradition, s'il n'a pas également l'Eglise comme mère. ».

Oui, frères et sœurs, on ne peut pas dire oui à Dieu et non à l’Eglise, car le Christ-Jésus est la tête du corps qui est cette Eglise dont nous sommes les membres. Par le baptême, nous ne sommes plus étranger les uns pour les autres puisque nous faisons partie de la grande famille de Dieu. Grâce au baptême, nous avons accès à ce qu’il y a de plus grand au monde et que nous allons célébrer dans quelques instants : l’Eucharistie : Dieu qui se donne à nous dans le pain et le vin consacré.

« Par le bain du baptême, Dieu nous a fait renaître et nous a renouvelés dans l’Esprit Saint ». En cette année de la foi que nous vivons, notre vocation de baptisé nous appelle à redécouvrir ce qui fait notre foi à la suite du Christ et à faire vivre ce baptême qui fait de nous des témoins de la Bonne Nouvelle jusqu’aux extrémités de la terre…mais avant tout, autour de nous à commencer par notre propre famille.

Aujourd’hui, ouvrons à nouveau les oreilles de notre cœur et écoutons notre Père des Cieux nous dire à nouveau : « C’est toi mon fils, ma fille bien-aimé ; en toi j’ai mis tout mon amour. » et donnons lui en retour cet amour qu’il nous offre tout en le partageant autour de nous ! Amen.

L'auteur de cette homélie

The Baptism of Christ
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