La Sainte Famille : une communion tournée vers la volonté du Père

Frères et sœurs,

Lundi soir dernier, nous nous sommes rassemblés autour de la crèche de Bethléem pour accueillir ce petit enfant, l’Emmanuel - Dieu fait homme, dans notre monde.

Noël, c’est Jésus qui se fait petit enfant pour qu’à notre tour, grâce à l’amour de Dieu pour les hommes, nous puissions devenir enfant de Dieu. C’est bien le sens de la deuxième lecture que nous venons d’entendre. Ce qui peut être intéressant pour nous de retenir, c’est que déjà à son époque l’Evangéliste S. Jean marque cette différence entre ceux qui sont avec le Christ et les autres : « Nous sommes enfants de Dieu, voilà pourquoi le monde ne peut pas nous connaître : puisqu’il n’a pas découvert Dieu »

Le monde d’aujourd’hui est toujours à la recherche de Dieu et nous qui le connaissons, nous qui sommes enfants de Dieu par le baptême, nous devons être des témoins pour les autres. Il s’agit pour nous d’être fidèle à son commandement de foi en son Fils Jésus-Christ et d’amour les uns envers les autres. Cela nous permet de demeurer en Dieu et que lui puisse demeurer en nous.

La paix et la joie, c’est ce qui fait parti du mystère de Noël et quelques jours après la naissance du Sauveur, la liturgie de l’Eglise nous propose de méditer sur la famille et plus particulièrement sur la sainteté de la famille de Nazareth : Jésus, Marie et Joseph. Quoi de plus normal de parler de la famille quand un petit enfant vient l’agrandir, la bouleverser, voir changer des habitudes peut-être bien installées. Même si, parler de la famille dans le contexte français actuel est bien difficile alors que le schéma de la famille « classique » est remis en question, c’est bien ce schéma que l’évangile nous propose.

Jésus vient au monde par une femme, la vierge Marie et cela nous renvoie de manière immédiate au récit de l’annonciation ou l'ange dit à Marie : « Sois sans crainte, Marie, car tu as trouvé grâce auprès de Dieu. Voici que tu vas concevoir et enfanter un fils ; tu lui donneras le nom de Jésus. » (Lc 1, 26-38).

Jésus est aussi confié aux soins paternels de Joseph : « Joseph, fils de David, ne crains pas de prendre chez toi Marie, ta femme : car ce qui a été engendré en elle vient de l’Esprit Saint ; elle enfantera un fils, et tu l’appelleras du nom de Jésus. » (Mt 1, 20-21). L’ange est clair ! L’enfant vient de Dieu et son nom est Jésus ! Oui, il en est ainsi, le petit enfant de la crèche est à la fois homme, Fils de Marie et Dieu car engendré de manière divine par l’Esprit-Saint !

Et pour faire le lien entre l’humanité et la divinité de Jésus, l’Evangéliste S. Luc nous emporte au Temple de Jérusalem pour le grand pèlerinage de la Pâque. Ce sont des parents inquiets que nous rencontrons après une journée de marche au retour de ce pèlerinage annuel. Mais « C’est au bout de trois jours qu’ils le retrouvèrent dans le Temple. »

« Comment se fait-il que vous m’ayez cherché ? Ne le saviez-vous pas ? C’est chez mon Père que je dois être ? » Voilà une réponse bien étrange de ce jeune garçon de douze ans à des parents catastrophés par la disparition de leur enfant.

Jésus n’est fondamentalement pas différent des autres enfants que l’on soit à son époque ou bien au XXIème siècle, si ce n’est le grand mystère de sa paternité divine. En effet, l’homme reste un mystère pour l’homme. Personne ne peut réellement savoir ce qui fait l’autre et ce qui l’habite vraiment au fond de son cœur.

Marie et Joseph étaient prévenus dès avant sa naissance que cet enfant serait différent des autres et pourtant ils ont du mal à comprendre tout ce qui se passe. Combien plus, pour les parents d’aujourd’hui, les enfants sont un mystère…combien de fois avez-vous sans doute dit : « je n’étais pas comme ça à son âge ! »

Pourtant, il est bien là le mystère de la vie. C’est lorsqu’on veut tout contrôler que finalement tout nous échappe. Marie et Joseph n’ont qu’un souci, c’est de prendre soins de Jésus et pourtant, il prend sa propre route pour répondre à l’appel de Dieu, son Père.

Il nous faut à notre tour accepter que l’autre, mon enfant, est différent de moi, qu’il m’échappe quelque peu… Le plus difficile est alors de rester uni dans la différence car ce qui nous rassemble c’est notre foi au Christ. Notre Dieu respect chacun dans ce qu’il est, avec ses originalités, ses différences et les diversités développés par chacun. C’est cela qui fait finalement notre unité et notre force car tout est rassemblé sous une seul chef : le Christ qui nous unis.

La croissance d’un enfant au milieu d’une famille provoque naturellement des ruptures, mais elle apporte aussi des nouveautés et des joies. Jésus, qui a douze ans dans cet épisode du Temple n’est plus le même que le petit enfant de la crèche et il sera encore différent quelques années plus tard, au moment de la croix. Ce qui est essentiel aujourd’hui, comme au temps de Marie et de Joseph, c’est d’accompagner l’enfant dans ce qu’il vit chaque jour. C’est la communion familiale qui est le premier lieu, la première cellule d’Eglise et de vie chrétienne qui permet d’être membre de la grande famille de Jésus et qui nous tourne vers Dieu, notre Père à tous. C’est cette communion qui fait dire à Jésus : « C’est chez mon Père que je dois être ».

Oui, Frères et sœurs, notre foi chrétienne fait que nous devrions tourner notre regard vers Dieu notre Père à tous, dans notre vie personnelle comme dans notre vie familiale…Il s’agit aujourd’hui, plus que jamais, de prier pour la famille en général, mais aussi de prier en famille pour prendre à nouveau conscience que c’est la communion autour du Père des cieux qui peut maintenir la communion fraternelle au sein de la famille.

La Sainte Famille de Jésus, Marie et Joseph est en ce sens un modèle de communion tournée vers la volonté du Père…même si bien des fois, ils n’ont pas compris tout ce qui se passait.

Comme Jésus, qui grandissait en taille et grâce sous le regard de Dieu, il nous faut à notre tour grandir dans la foi et dans l’amour de ce Dieu qui nous aime d’un amour infaillible et qui attend notre amour en retour…

Belle fête de la Sainte Famille à tous.

L'auteur de cette homélie

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