Le bienheureux Bartolo Longo (1841-1926)

En 1841, près de Brindisi, dans l'Italie méridionale, naît un enfant qui reçoit au baptême le prénom de Barthélémy, abrégé en Bartolo. Il se révèle très tôt intelligent, pieux, pétillant de vie : « j'étais un diablotin vif et impertinent, quelque peu polisson ».
Débordant d'énergie, il a beaucoup de mal à rester en place à une exception : celle du jour de sa première communion où il parvient à demeurer une heure et demie sans bouger, en action de grâce !

Doué d'une excellente mémoire, Bartolo commence dès l'âge de 16 ans des études de droit à l'université de Naples. À la même époque, il suit les cours de philosophie d'un prêtre défroqué. L'esprit anticlérical de ce dernier le séduit. Il s'éloigne peu à peu des sacrements et de la prière.
Harcelé par une question : le Christ est-il Dieu ou non ?, un des confidents de ses tourments spirituels l'introduit dans le lieu où « se résoudront tous tes doutes ». Le 29 mai 1864, il est initié aux secrets du magnétisme et du spiritisme. Il devient médium de premier ordre et « même prêtre spirite ». Dans sa quête de vérité, Bartolo se laisse séduire par le démon lui-même qui sait si bien mêler le vrai et le faux, pour tromper les âmes et les conduire au péché. Invité par le démon, qu'il prend pour l'archange saint Michel, à vivre des jeûnes prolongés, Bartolo s'épuise rapidement. Il écrira :
« L’esprit mauvais qui m’assistait, voulait s’emparer de mon âme formée à la piété depuis mes premières années et me demander l’adoration et l’obéissance aveugle. Il se faisait passer pour l’archange Michel, m’imposant la récitation des psaumes et des jeûnes rigoureux. Il réclamait que son nom, comme signe de puissance et de protection, fût écrit en tête de tous mes papiers et que je le portasse sur mon cœur, inscrit en chiffres rouges dans un triangle de parchemin. »

Repentir et conversion

Le bon ange de Bartolo veille cependant sur la vie de son protégé. La rencontre de l'un de ses anciens amis, le professeur Vincenzo Pepe, pour lequel il a de l'estime et du respect, sera à l'origine de sa conversion. Son ami l'invite à se repentir et à se confesser : « Tu veux donc mourir dans une maison de fous et, de plus, être damné ? » lui demande-t-il.

Suivant ces conseils salutaires, Bartolo va rencontrer le Père Radente. Face à cet étrange personnage, à la face ornée d'une barbe de mousquetaire, qu'il prend tout d'abord pour un malfaiteur préparant un mauvais coup, le père, inspiré par l'Esprit, sait dire ce qui convient pour que les yeux de Bartolo s'ouvrent. Ainsi préparé, la confession de Bartolo est sincère et profonde. Par la suite, Bartolo affirmera à ceux qui ne croient pas à l’action du démon dans le spiritisme : « Je l’ai expérimenté, et c’est par un miracle de la Très Sainte Vierge que j’en ai été délivré. »

Il commence alors une nouvelle vie au service de la Vierge Marie. Il se met à réciter chaque jour le Rosaire et y sera fidèle jusqu'à la fin de sa vie. Il entre à l'âge de 30 ans dans le Tiers Ordre dominicain sous le nom de Fratel Rosario, frère Rosaire.

La suite de sa vie est faite de service du Christ Jésus et de la Vierge Marie dans la rencontre des plus pauvres et de réalisations pour le bien de l'Église : construction d'un orphelinat, édification d'une église dédiée à la Vierge Marie : Notre-Dame de Pompéi, etc. En toutes ces entreprises, il est aidé par une riche veuve dévouée, la comtesse Marianna de Fusco. Chagrinés par une campagne de calomnies, ils consultent le pape Léon XIII et, sur ses conseils, ils se marient le 19 avril 1885, épousailles virginales qui ne les empêcheront point de s'aimer profondément en Dieu. D'autres épreuves seront causes de souffrances pour Bartolo qui s'en remettra, comme toujours, aux conseils du pape. Ainsi, en 1905, le fils aîné de la comtesse, maladroit en affaires, est acculé à la faillite. Une plainte est portée auprès du pape saint Pie X : « Les offrandes de messes aboutissent dans les poches du fils de Madame Barthélemy Longo. »

Pour arranger cette sombre affaire, montée de toutes pièces, Bartolo renonce spontanément, en faveur du Saint-Siège, à toutes ses œuvres.
« Saint-Père, dit-il au pape, puis-je à présent mourir tranquille ? – Oh, non, réplique le pape, vous ne devez pas mourir, mais travailler, Bartolo nostro ! » Par obéissance donc, il travaillera jusqu’à épuisement de ses forces.

Atteint d'une double pneumonie, il s'éteint le 5 octobre 1926 à l'âge de 85 ans en disant :
« Mon seul désir est de voir Marie qui m'a sauvé et me sauvera des griffes de Satan. »

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