À Cana, ce n’est pas « Son Heure », mais la nôtre !

Homélie prêchée lors du Pèlerinage du Rosaire, le jeudi 4 octobre 2012, à la messe des Commissaires et des Hôtesses.

Quelle finale : « Il manifesta sa Gloire. Et les disciples crurent en lui » (Jn 2,11). Si Cana est un Signe, ce signe est celui de la Foi. A Cana, Jésus est Dieu, le Seigneur venu sauver ; il en imposera, avec l’autorité d’une souveraineté tranquille.
1- Il est Dieu à écouterprincipe biblique « de base » ;
2- Il veut coopérer avec des serviteurs pour sauver – ça c’est pour nous, et valorisant, respectueux ;
3- Il a la maîtrise sur la Création – il est plus que l’on pense ;
4- Il accomplit l’Écriture par des signes qui feront grandir la foi – apprenons alors à voir.
Alors un portrait se dessine. Il allie le Seigneur à celui que l’on prie, à celui qui rappelle sa mission et son Heure, celui dont l’Alliance passe dans notre cœur. Il est celui que l’on écoute, pour le servir et pour croire.

Écouter ? On connaît cet élément essentiel de la Foi du Peuple Élu : « Sh’ma Israël », un commandement vital.
Le Commandement de l’Écoute est donné non seulement par Celui qui peut se manifester quand fume la montagne et tremble le sol, mais parce que ce don est fécond : par ce don vient la vie. « Dieu dit » : parole du Seigneur qui scande le premier chapitre de la Bible.
Entendant « Faites tout ce qu’il vous dira », nous sommes reliés à cette parole de l’Origine. Cette parole de Marie est celle d’un enfantement : elle va mettre à nouveau son Fils au monde – « pour nous les hommes et pour notre salut ». Elle va lui donner une place. Elle nous oriente « vers l’Orient » véritable.

Nous savons que le conseil de la Mère de Jésus rappelle aussi la parole du Peuple au désert, disant à Moïse qui l’a délivré et le conduit : « Tout ce qu’a dit le Seigneur, nous le ferons ».

Mais cette parole de la Mère de Jésus résonne encore comme celle du Père Éternel : lors de la Transfiguration, une même parole est livrée par le Père. La parole de la Mère de Jésus, son Testament pour nous, et la seule parole adressée aux serviteurs, ressemble à celle du Père : « Celui-ci est mon fils bien-aimé, écoutez-le ».

En vérité, serviteurs de la Noce du Seigneur et disciples privilégiés de la Transfiguration du Seigneur ne peuvent connaître Jésus comme Seigneur que s’ils l’écoutent. C’est vital, nécessaire.
Marie, prise sous l’ombre de l’Esprit du Seigneur à Nazareth, l’indique ; elle a écouté son Seigneur ; elle peut nous conseiller d’écouter notre Sauveur.
La voix du Père le rappelle à ceux qui sont sous l’ombre de l’Esprit, à ceux qui furent mis à part pour un temps sur la Haute montagne : Jésus écouté est celui qui nous associe à son dessein de salut. Ce que Marie aura dit dans une maison, Dieu le confirmera sur la montagne. Ce qui jaillit dans des circonstances sociales normales : des noces, retentit dans d’autres circonstances et pour nous aussi !

Pour connaître Jésus, le plus sûr est de l’Ecouter. N’en est-il pas de même pour connaître son prochain ? On le sait : la voix, l’intonation, le rire ne disent-ils pas beaucoup sur notre prochain ? Il en est ainsi mieux encore si nous faisons de Dieu vraiment notre prochain : sa parole, ses accents, sa force, l’action de sa parole sur notre cœur, la consolation, la joie, l’enthousiasme, les priorités divines, tout cela qui peut passer de son cœur au nôtre avec le vin des Noces éternelles, et le sentiment fidèle d’être de son Peuple quoi qu’il en soit de notre état, voilà ce qui va changer notre vie.

En écoutant la Parole de la Mère de Jésus, Jésus de Cana sera notre compagnon en ces heures. Si son Heure n’était pas encore venue, voici que maintenant elle devient la nôtre : nous renaissons à sa présence !
Dans un contexte d’Alliance, cette parole reçue, va faire passer d’un rite légal à la croissance de la foi, grâce à l’écoute envers Jésus. « Et les disciples crurent en lui ». Il vient coopérer avec des serviteurs pour leur faire connaître la vie : « Je ne vous appelle plus serviteurs, mais amis » (Jean 15).
Alors accueillons son amitié. Que sa grâce coule en nous, comme ce vin nouveau ! N’est-ce pas pour cela que Bernadette voulait tant redescendre de Bartrès, pour faire sa première communion ? Pour que la grâce demeure en elle ? La présence de Jésus conduit à l’émergence de la foi. Ne serait-il pas sage d’y réfléchir souvent ?

« Faites tout ce qu’il vous dira ». Comme Marie avance dans son chemin de foi, nous allons avancer dans le nôtre en écoutant Jésus, en versant l’eau qu’il demandera de verser dans les jarres, comme des serviteurs qui deviennent peu à peu conscients d’être de ses amis.
Puissent nos attitudes, nos engagements l’exprimer ! Nous entrons par eux dans ces Noces pour que nous croyions davantage en lui en servant et en aimant nos frères. Notre liberté sera guérie par sa grâce pour nous permettre cette coopération. Notre service en est une des plus belles expressions.

 

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