Rencontre avec... Joëlle Rezaire

Ma vie avec Maman Marie


Avec le recul d’aujourd’hui, je me rends compte que « Maman Marie » a toujours tenu une place importante dans ma vie. Chez nous, en Guyane, nous l’appelons ainsi. Je suis issue d’une famille de neuf enfants, dont trois garçons et filles. Je suis la sixième enfant et la quatrième fille.

Ma mère, aujourd’hui âgée de 94 ans, nous a tous élevés dans la religion chrétienne et je me rappelle que lorsque je me suis installée à Lille pour mes études en 1976, la première chose que j’ai cherchée, c’était une église.

Ma mère et d’autres femmes de Guyane ont créé les Équipes du Rosaire en 1984. Elle y a joué un rôle important et était responsable d’une équipe jusqu’à un âge fort avancé (80 ans). Les responsables successives étaient plus jeunes, mais pas de beaucoup. Elles sont tombées malades et l’équipe restée sans responsable, continuait à fonctionner. J’entendais ma mère qui se lamentait de voir son équipe mourir et sur le point de disparaître. Je me souviens de ce jour du 13 juillet 2005 où je l’emmenais à sa prière mensuelle et après avoir entendu sa plainte, j’entends une voix qui sort de mes entrailles et qui dit : « Ne t’inquiète pas, Maman, je vais reprendre ton équipe. » Toutes mes grandes sœurs (équipières) sont contentes et elles accueillent la nouvelle avec joie !

Je suis donc responsable d’une équipe d’une dizaine de grandes dames dont la plus jeune a 75 ans ! Quelle belle aventure ! Je m’occupe d’elles comme je le fais avec ma mère : je prends de leurs nouvelles, je leur rends des services, je les récupère en voiture pour les emmener à la prière mensuelle… Je suis toujours responsable de la même équipe qui se compose maintenant de cinq membres : quatre grandes dames et un grand monsieur. Les autres sont parties dans la Gloire du Seigneur.

En juillet 2007, j’ai été nommée responsable de secteur, pour le secteur de Cayenne 1. Cayenne est représentée par trois secteurs : Cayenne 1, Cayenne 1 bis et Cayenne 2. Je commençais à peine à organiser mon secteur quand la responsable diocésaine m’a informée que j’avais été pressentie par le Conseil diocésain pour être présentée à l’élection de la nouvelle responsable diocésaine pour la Guyane. J’ai tout de suite dit non, car je pensais à mes deux enfants (âgés respectivement de 19 et 16 ans) que je voulais mieux encadrer, à ma mère dont je voulais mieux m’occuper et à mes grandes sœurs, dont une en particulier, pour lesquelles je faisais beaucoup de choses. Chose étonnante, je la rappelle moins de deux heures après et je lui dis : « Oui, j’accepte. » Voilà comment j’ai été nommée à cette belle mission, puis confirmée par les élections du 24 janvier 2008. Cela fait maintenant quatre ans que je suis responsable diocésaine.

Maman Marie m’a aidée à cheminer durant tout ce temps, elle m’a appris à méditer, à prier et surtout à garder beaucoup de choses dans mon cœur : les joies, les peines, les humiliations… et elle continue à le faire. J’ai la conviction que j’ai été choisie pour servir Dieu : Je suis la servante du Seigneur.

Le Seigneur me fait avancer pas à pas. En ce moment, il me demande de L’amener à ma mère, qui est malade et ne peut plus quitter sa chambre, par la Sainte Communion, de lui faire connaître Ses volontés et Ses lois par la lecture de l’Évangile, et de vivre la fraternité par la méditation et le partage de Sa Parole.

Si je devais résumer mon parcours avec Maman Marie, je dirais ceci : Rien n’est impossible à Dieu (Luc 1, 37) ; et : Il s’est penché sur son humble servante, le Puissant fit pour moi des merveilles, Saint est son nom (Luc 1, 48-49).

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